04 juillet 2012

Nouvelle parution : Œuvres incomplètes




« Un livre original, inclassable, qui se dévore, sourire en coin, du début à la fin », écrit Paul Jacques dans le magazine Le Clap


Vous pouvez aussi consulter le lien suivant: 
yvonpare.blogspot.com/.../nicole-filion-explore-son-quotidien.html

Mais pourquoi ne pas vous faire propre idée?


En vente dans tous les bonnes librairies. 
À la condition de chercher. De bien inspecter les rayons. Lettre F. 
Le mieux, c'est de demander. 


Tenez-moi au courant.


Quatrième

« J’espère qu’il pleuvra ce matin-là, qu’un ciel à bout d’astuces crachera sur terre une eau sale et glacée, que ce que l’on appelle communément neige ne se résumera plus qu’à deux ou trois traînées d’un blanc douteux. J’espère qu’il fera froid, humide, qu’une sorte de résignation se fera sentir parmi les érables, les pommiers, les noisetiers. Que partout où se portera mon regard, il n’y ait rien pour me retenir, rien qu’un manque total d’inspiration, des saisons amoindries, des champs en rogne, le visage maussade de mes compatriotes s’engouffrant dans leurs voitures de seconde main, car si je veux partir, si j’ai rêvé de partir, pas question de manquer quoi que ce soit, que janvier m’attende avec ses éblouissements, ses scintillements, ses tempêtes à l’emporte-pièce, ses grandes lunes blêmes accrochées au portemanteau, que le soleil se fasse rare et pointilleux, que le silence règne, cela me facilitera la tâche au moment d’éteindre l’ordinateur et de refermer la porte de cette petite pièce qui me sert à la fois de bureau et de coffre-fort. Tout départ est déchirement, mais je suis faite pour durer et c’est en riant que j’emprunterai l’escalier, ramasserai mes gants sur la table du téléphone, mes gants, mon sac, mes souliers ; je mettrai la clef sur la porte, relèverai la pelle au passage, saluerai le chien, les hêtres, les sorbiers, et m’avancerai bravement sous le couvert des épinettes, pas un regard vers l’arrière, je marcherai, marcherai, la route sera longue, il y a loin de la coupe aux lèvres. Avec un peu de chance, peut-être réussirai-je à attraper un autobus ; en ces contrées lointaines, on tombe parfois sur un autobus qui se rend à Saint-Jean, Bathurst ou Mont-Joli ; de là, si la dame de l’agence a bien fait son travail, un avion nous emporte dans les grandes capitales, et on se met à traîner de ville en ville, sans foi ni loi, des nuits entières dans les salles d’attente, la réanimation, au bout. »



Nicole Filion est née rue d’Argenteuil ou de Longueuil — on n’en est pas certain —, dans le quartier Saint-Sacrement à Québec, une grande maison où l’on accueillait des étudiants venus d’ailleurs, garnie d’une rallonge d’où elle serait tombée au cours de travaux de rénovation, mais là aussi les témoignages sont contradictoires. Oeuvres imcomplètes est son neuvième ouvrage à paraître aux Éditions Trois-Pistoles.


03 novembre 2008

Publicité trompeuse

VU RÉCEMMENT dans Le Devoir une publicité pour je ne sais trop quel livre dans laquelle on a inséré une citation de Danielle Laurin : « Un livre qui nous envoûte. Nous habite longtemps. » Longtemps ? Mais le livre vient tout juste de paraître ! Combien de temps madame Laurin a-t-elle été envoûtée exactement ? Un jour ? Deux jours ? Une semaine ?

Ah, ces formules toutes faites !


•••

12 octobre 2008

Brecht

LES HISTOIRES DE MONSIEUR KEUNER sont parfois ennuyeuses, un tantinet moralisatrices, mais celle-ci m'a beaucoup plu.

« Les retrouvailles - Un homme qui n’avait pas vu monsieur K. depuis longtemps le salua dans ces termes : « Vous n’avez pas du tout changé. » « Oh ! » dit monsieur K. en devenant tout pâle.

Et cette autre aussi, tant qu'à y être !

« L’esclave du but – Monsieur K. posait les questions suivantes : « Chaque matin mon voisin fait de la musique sur un gramophone. Pourquoi fait-il de la musique ? On me dit : parce qu’il fait de la gymnastique. Pourquoi fait-il de la gymnastique ? Parce qu’il a besoin d’être fort, me dit-on. Pour quelle raison a-t-il besoin d’être fort ? Parce qu’il lui faut vaincre ses ennemis dans la ville, dit-il. Pourquoi lui faut-il vaincre des ennemis ? Parce qu’il veut manger, me dit-on. »
Après qu’on lui eut dit que son voisin faisait de la musique pour faire de la gymnastique, de la gymnastique pour être fort, voulait être fort pour battre ses ennemis, abattait ses ennemis pour manger, monsieur K. posa sa question : « Pourquoi mange-t-il ? »


•••

07 septembre 2008

Tchekhov, toujours!

« Le 10 novembre 1887, à la première [celle d'Ivanov], les acteurs ne savent pas leurs rôles et disent ce qui leur passe par la tête. Si Davydov joue sobrement, Kisselyevsky, complètement soûl, et il n’est pas le seul, fait « d’un dialogue poétique quelque chose de détestable et d’ennuyeux ». D’autres veulent séduire le public avec des pitreries lamentables. À la fin, c’est la cohue. Les acclamations se mêlent aux sifflements. Les gens tapent des pieds. Des étudiants se bagarrent au balcon. La police doit intervenir pour séparer ceux qui, dans le foyer, en sont venus aux mains. Macha est sur le point de s’évanouir. Un ami de l’auteur quitte le théâtre en courant et Alexeï Kisselev geint en se tenant la tête entre les mains.»

Tchekhov par Virgil Tanase, Folio, p.137.

•••

17 août 2008

Nouvelles productions (3)

Le calendrier de la SADC. Une tradition, semble-t-il.


15 août 2008

Nouvelles productions (2)

Graphisme et mise en page d'un livre pour enfant pour le compte des Inéditions, une petite maison d'éditions de la Baie-des-Chaleurs. Le pacte avec les ours est un conte Micmac traduit et adapté par Rose-Hélène Tremblay. On y trouve des souris qui meurent paisiblement au soleil, un petit garçon aventureux et une mère ourse un peu spéciale. Les illustrations sont de Hélène Paré.



















04 août 2008

Nouvelles productions (1)

Une série de sept dessins à saveur végétale qui vous donneront une vague idée de la complexité de mon existence…