
TOMBÉE RÉCEMMENT sur ce petit bout de papier qui nous a été remis lors de notre arrivée à Prague en 2002. J’avais si bien retenu l’avertissement qu’une semaine plus tard, alors que nous nous apprêtions à prendre le métro, j’écartais du revers de la main avec un No thanks sans équivoque l’inspecteur habillé en civil qui tenait mordicus à vérifier la validité mon billet. En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, je me suis vue entourée d’une armée d’inspecteurs (deux ou trois) parfaitement décidés — je n’en doutais pas une seconde — à me traîner par les cheveux jusqu’à, qui sait ? peut-être cette même prison où Marianne Golz-Goldlust a été emprisonnée avant d’être guillotinée le 8 octobre 1943. Sombre perspective.
La photo qui suit a été prise quelques heures plus tard à travers une fenêtre ou je ne sais quoi d'autre de l'église Sainte-Barbe à Kutna Hora, fermée pour cause de rénovation. J’y ai tout de suite reconnu le décor du premier acte de Tosca, la Chapelle de San Andrea où le beau Cavaradossi s'évertue à peindre une Marie-Madeleine blonde aux yeux bleus dans laquelle La Callas (alias Floria Tosca) a tôt fait de reconnaître sa rivale et lui pique une de ses crises de jalousie, alors là…

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