16 décembre 2007

Timothy Findley

(Texte découvert sur le web et soigneusement conservé dans une de ces chemises où je range articles, images, textes qui me plaisent particulièrement, autrement dit, mes archives, que j'espère bien vendre au Conseil des arts du Canada, un jour!)

« QUEL CHOC CE FUT POUR MOI, lors de la compilation de ces nouvelles en vue de la publication, de découvrir qu'en plus de trente ans d'écriture je m'en étais toujours tenu à la même gamme de sons et d'images présents non seulement dans ce livre, mais aussi dans mes romans. J'eus préféré ne pas m'en apercevoir. En fait, j’en suis devenu embarrassé et j'ai commencé à me demander si je ne devrais pas déposer un CATALOGUE DE MES OBSESSIONS PERSONNELLES. Des portes moustiquaires qui claquent; une lampe allumée le soir; de la musique à une certaine distance — toujours jouée sur un gramophone; des lettres écrites sur du papier teinté bleu; des merles faisant des raids sur la pelouse I'été pour dévorer des vers; des photographies dans des boîtes de carton; des colts cachés dans des tiroirs de bureau et une chaise toujours à la renverse. Qu'est-ce que cela veut dire? Suis-je un écrivain complètement dépourvu d'imagination? Suis-je le champion des redites? Pourquoi les routes sont-elles toujours aussi poussiéreuses dans I'œuvre de cet homme? Pourquoi fait-il toujours si chaud? Pourquoi ne peut-il pas PLEUVOIR? On a déjà entendu mon agente s'exclamer en lisant les pages d'un nouveau script de télévision: «Mon Dieu, Findley, pas encore des lapins!»


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